Vous connaissez Leos Carax ?

Leos Carax attends the On The Road screening as part of the AFI Fest in Los Angeles, Ca, USA, November 3, 2012. Photo by Lionel Hahn/ABACAPRESS.COM | 340763_010

Leos Carax, nouvelle vague ou cinéma du look ?

En 1984, Leos Carax réalise son premier long métrage en noir et blanc : Boy Meets Girl. C’est une référence à Jean Cocteau et Jean-Luc Godard. Considéré par certains critiques comme l’héritier de la Nouvelle Vague, Leos Carax ouvre de nouvelles voies au cinéma français, au même titre qu’un Jean-Jacques Beineix ou qu’un Luc Besson. C’est pourtant un au cinéma du look qui s’éloigne énormément de la nouvelle vague auquel ces cinéastes sont apparentés. Une guerre avec les critiques cinémas verra le jour surtout avec Besson. Beineix aura un accueil plus élogieux avec son premier film Diva.

Secret et mystérieux, le réalisateur cultive volontiers une image d’auteur maudit.

En 1988, il commence le tournage des Amants du Pont-Neuf avec Juliette Binoche et Denis Lavant. Si la presse accueille favorablement cette ode lyrique dédiée à l’amour fou entre deux clochards magnifiques, le public boude et le film est un grave échec financier dont Carax aura du mal à se remettre. Après sa rupture avec Juliette Binoche, il s’enferme dans le silence. En 1994, quand elle reçoit son César pour Trois couleurs : bleu de Krzysztof Kieslowski, Binoche lui demande publiquement de revenir au cinéma : il faudra attendre 1999 pour qu’il tourne à nouveau. 


Ce sera Pola X, adapté du roman Pierre ou les Ambiguïtés d’Herman Melville. Le film, présenté à Cannes, fait un flop : ni la critique ni le public ne comprennent la violence qui se dégage de la descente dans les bas-fonds d’un jeune homme de bonne famille tel que mis en scène dans ce film.

Le réalisateur retourne dans le silence et il faut attendre 2008 pour découvrir son sketch du film collectif Tokyo ! dont Denis Lavant est l’interprète, dans le rôle trash et irrésistible de Monsieur Merde. Ledit Merde se retrouve dans Holy Motors (2012), nouveau long métrage du cinéaste à nouveau présenté à Cannes dont il repart bredouille mais dans l’enthousiasme quasi général de la presse. Centré sur un Denis Lavant qui multiplie les métamorphoses en endossant les identités les plus variées, Holy Motors rappelle l’extraordinaire virtuosité visuelle et narrative de Leos Carax.

Angèle, Adam Driver et Marion Cotillard pour le nouveaux Carax : Annette

On n’est peu étonnés par le fait que Leos Carax réalise une comédie musicale – tout semblait le mener vers ce genre, lui qui aime tant construire les séquences sur des rythmiques musicales puissantes. On se souvient tous de la course endiablée dans Mauvais Sang (1986) sur le morceau Modern Love de David Bowie.

De ce film, on ne sait pas grand chose, à part qu’il s’agit d’une comédie musicale dont la BO est conçue par les Sparks. Lors du Festival de Marrakech, Marion Cotillard s’est livrée sur Annette, attendu en 2020 dans les salles obscures « J’ai lu le scénario et j’ai été impressionné par sa singularité mais surtout par une profondeur difficile à décrire. Le génie poétique de Carax et son imagination débordante m’ont attiré », a-t-elle expliqué lors d’une interview sur scène. 

Annette est un film que Leos Carax a mis des années à réaliser. Tournée l’été dernier, attendue dans les prochains mois, cette « comédie musicale lyrique » est son premier film en anglais. Son héroïne est incarnée par Marion Cotillard, elle donnera la réplique à Adam Driver, qui interprète son son mari, un comédien de stand up, avec lequel elle a une petite fille dotée d’un surprenant talent.

On y trouvera aussi la chanteuse belge Angèle. Ce sera son premier vrai rôle au cinéma après une première expérience dans le doublage : dans la VF de Toy Story 4, Angèle avait prêté sa voix à la terrifiante poupée Gabby Gabby.

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