Parlons de Science Fiction (française?)

Je vous présente le Fossoyeur de film (pour ceux qui ne connaissent pas), une chaine Youtube sur le cinéma et le film de genre en particulier. Le concept de la chaine a beaucoup évolué. Mais ici, une vidéo sur la science fiction. Un sujet peu souvent abordé.

Une entrée en matière pour vous parler de Bunker Palace Hotel, un film de Enki Billal.

Bunker Palace Hotel, la S-F made in France

Sorti en 1989, Bunker Palace Hôtel s’est fait peu remarquer à sa sortie. Avec un beau casting notamment Carole Bouquet et Jean-Louis Trintignant. Billal met un autre pied dans le cinéma. Alain Resnais avait déjà fait appel à lui pour concevoir l’affiche de Mon oncle d’Amérique et les décors de La vie est un roman. Bilal est un jeune émigré yougoslave, arrivé à Paris en 1960 après avoir fui la dictature de Tito. On ressent ce rapport à la peur du totalitarisme dans son oeuvre.

Bunker Palace Hôtel intègre cette obsession au travers d’une ambiance punk futuriste très socialiste. Le choix de tourner le film à Belgrade va également dans ce sens-là, même si, en l’occurrence, rien n’est localisé ou temporalisé.

Et la Planète sauvage ? Un film que vous devez découvrir.

Autre le dessin, c’est une histoire riche et profonde que délivre René Laloux.

« Le souvenir que grave dans l’esprit de son spectateur La Planète sauvage, film certes intemporel mais aussi heureusement daté (il incarne une époque : l’après mai 68, les « paysages sonores » au synthétiseur, l’esthétique anti-normative et cependant reconnaissable du Service de la recherche de l’ORTF, l’un des moments-clés de l’histoire française de l’art de l’animation), peut se résumer à deux noms : Topor et Topart. Topor : on frémit d’aise devant l’érotisme ensauvagé, l’irréductible étrangeté, la cruauté particulière des dessins de Roland Topor. Topart : on redécouvre lentement, à travers les paroles du Grand Édile, la vraie beauté de la voix chaude et officielle de Jean Topart (tendance « Office » de la RTF). La civilisation despotique et éclairée des Draags que cette voix incarne, parle aussi parfois à travers un grand cube collectif à images, fort télévisuel. L’univers pacifié de la fin du film réconcilie le « satellite naturel et le satellite artificiel », les hommes sauvages instinctuels, tendance Topor, issus de la libération des mœurs de la fin des années soixante, et les adeptes zen de la méditation transcendantale, tendance voix berçante de Topart, venues d’une autre mode des mêmes années. La vérité historique impose de rappeler qu’un an après la sortie du film, la planète ORTF explosait et perdait son service de la recherche… »
Hervé Joubert-Laurencin in Allons z’enfants au cinéma, une petite anthologie de films pour un jeune public, édité par Les enfants de cinéma.

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